Actualités13 décembre 2025~4 min de lecture

Concertation nationale des pédicures‑podologues : ce que disent les chiffres et comment s’y préparer

podologue oscultant les pieds d'un patient

La profession s’est exprimée. Entre attachement à la convention, besoin de revalorisation et envie d’élargir le champ de compétences, les messages sont clairs. Voici les points saillants… et des actions simples à déployer dès maintenant au cabinet.

D’où viennent ces résultats ?

Ils proviennent du sondage « Concertation Nationale des Pédicures‑Podologues », diffusé en ligne (questionnaire en 6 pages centré d’abord sur la convention, avec questions fermées, choix multiples et champs libres). On y aborde les actes à intégrer, le (dé)conventionnement, la prise en charge du bilan podologique et des orthèses plantaires, ainsi que l’image de la profession.

Les chiffres clés à retenir

  • Convention : une opportunité… mais pas à n’importe quel prix. 79,5 % y voient une chance pour la profession. En même temps, 89 % sont contre un conventionnement total des actes et 79 % rejettent le déconventionnement total. Lecture simple : rester conventionnés, oui, mais mieux valorisés. (voir l’infographie, p. 2)
  • Actes à intégrer en priorité. Ongles incarnés (71 %), bilan podologique (58 %), prélèvements mycologiques (54 %) sont en tête. (p. 3)
  • Économie du cabinet. 50 % des répondants ne sont pas satisfaits de leur situation financière ; les charges sociales (96 %) pèsent lourd, et la rentabilité de certains actes est pointée du doigt, tout comme un manque de demande en semelles. (p. 4)
  • Formation & reconnaissance. 73 % favorables à l’universitarisation ; niveau idéal Licence (54 %) ou Master (43 %). (p. 5)
  • Compétences. 86 % souhaitent élargir le champ (prescription, imagerie, échodoppler, anesthésie locale) mais déplorent des freins réglementaires. (p. 6)
  • Exercice coordonné. 93 % plébiscitent la collaboration interpro (médecins, kinés, infirmiers) et citent des besoins concrets : DMP, outils numériques, reconnaissance. (p. 7)

En résumé : une profession mobilisée, fière, mais en attente de changementsrevalorisation des actes, réforme de la formation, soutien à l’exercice coordonné, allègement des charges. (p. 8)

Ce que ça signifie pour la profession

  • Cap stratégique : “convention + valeur”. Les podologues veulent rester dans le système, mais avec des actes mieux valorisés et un périmètre intelligent (éviter le “tout conventionné” qui figerait les tarifs, sans basculer vers un “tout déconventionné” déstabilisant).
  • Standardisation des actes clés. Les items plébiscités (ongles incarnés, bilan, myco) suggèrent un besoin de protocoles clairs, traçables et partageables avec les correspondants.
  • Reconnaissance académique et montée en compétences. L’alignement Licence/Master + élargissement du scope est vu comme un levier de qualité et d’attractivité.
  • Travail en réseau outillé. La coopération interpro ne fonctionne qu’avec des outils numériques (DMP, comptes‑rendus standardisés, messageries sécurisées).

Et maintenant, côté cabinet : 7 actions rapides

  • Modèles d’actes & check‑lists pour les ongles incarnés, bilans et prélèvements mycologiques (consentement, photos, critères d’orientation, rédaction du CR). (p. 3)
  • Cartographie de rentabilité par type d’acte (temps, coût, prix) pour arbitrer : garder, packager, ou déprogrammer les actes non viables. (p. 4)
  • Parcours “bilan podologique” : questionnaire pré‑consultation, bilan structuré, CR standardisé au patient + prescripteur, rappel à 3 mois (orthèses/semelles). (p. 3–4)
  • Tableau de bord “charges & actes non rentables” pour objectiver les discussions tarifaires et vos choix d’offre. (p. 4)
  • Plan de formation (DU/certifs) + portfolio de compétences rattaché aux dossiers patients (cas, imagerie, lectures). (p. 5–6)
  • Interopérabilité & DMP : activer l’alimentation DMP lorsque pertinent et envoyer des CR lisibles aux correspondants (bénéfice immédiat pour l’exercice coordonné). (p. 7)
  • Veille réglementaire sur les actes et prescriptions (imagerie, échodoppler, anesthésie locale) pour anticiper les évolutions. (p. 6)